Oscura

 

L’association

Oscura existe depuis 1991 et réunit des membres qui œuvrent pour une cause commune : l’accessibilité pour plus grand nombre à l’outil photographique et à sa pratique. Les 4 membres actifs d’Oscura mettent en place des ateliers collectifs durant lesquels les participants se familiarisent avec le sténopé – simple boîte percée d’un trou minuscule - et en explorent les ressources. Chaque atelier donne lieu à une production d’images marquées par des éléments récurrents : identité des participants, qualité des échanges au sein du groupe, partis pris de l’intervenant qui inspire les séances, identification des objectifs spécifiques (thématiques à traiter, restitution, formation, etc.).

La démarche d’Oscura se situe au carrefour de l’éducatif, de l’artistique et du développement social. L’exigence d’une production qualitativement appréciable est liée à la dynamique même des séances d’atelier ; elle conditionne la synergie qui se met en place. De la même façon que la qualité des relations établies au sein du groupe détermine la qualité des images produites. Il importe à Oscura de partager cette exigence de qualité avec les participants, pour qu’ils sachent qu’elle leur est aussi accessible et à la mesure de leur investissement. L’atelier n’est pas une activité de plus mais une action à part entière. Son objectif est de faire valoir cette interaction entre présence à soi et à l’Autre et la qualité de la production, via la manière dont Oscura utilise l’outil sténopé.

Oscura a la volonté d’utiliser le sténopé pour étendre la pratique photographique et sa dimension artistique aux autres champs constitutifs de la société. Cette volonté est soutenue par des priorités d’ordre à la fois - artistiques : en tant qu’outil photographique, le sténopé est une expérience qui trouble l’approche et le traitement du quotidien. Il incite à nouer un rapport différent au monde et à autrui et ce, tant dans les incidences qu’il provoque de part et d’autre de la démarche photographique que dans les images qui résultent de cette alchimie des interactions. - pédagogiques : de la fabrication de l’outil jusqu’au tirage du positif, chaque étape de l’acte photographique est identifiée et prise en charge par le participant. - sociales, politiques et culturelles : utilisé par Oscura, le sténopé devient aussi un excellent outil de médiation à travers lequel le participant est engagé à un double niveau : dans sa propre pratique mais aussi dans une dynamique collective* au sein de laquelle il est alors le passeur des apprentissages liés à la production d’une image exigeante auprès d’un promeneur curieux ou d’un nouveau venu. Le faible coût du sténopé fabriqué durant l’atelier permet que la pratique photographique accessible à tous ne reste pas un vœu pieux, même si les consommables restent passablement onéreux.

Quelques exemples d’actions


- Avec des jeunes Maliens en situation précaire, Oscura a mené entre 1996 et 2001 un ensemble d’ateliers dont les images réunies dans un livre : Mali-photos, sténopés d’Afrique. Ces images ont été exposées dans les Fnac (France, Italie Espagne) au Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie (Paris), ainsi que dans plusieurs festivals. Les photographies ont aussi été exposées à deux reprises aux Rencontres de la photographie africaine de Bamako. Les participants ont alors pu présenter leur travail aux photographes professionnels et aux représentants du monde de la photographie.

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- Retrat d’una ciutat (1997-2001) est né de la volonté d’établir un dialogue entre la ville et ses habitants. Avec ce projet, des femmes en alphabétisation, habitantes de Rubì, se sont retrouvées autour du sténopé. Les intérieurs qu’elles ont ouvert aux boîtes-sténopé pendant 4 ans ainsi que l’évolution de leur environnement et la manière dont elles s’y situent ont fait l’objet d’un livre de photographies Retrat d’una ciutat, estenops de Rubì. Une exposition a circulé entre la France et l’Espagne, donnant à chaque fois la parole à ces femmes ; elles ont ainsi livré leur témoignage et initié au sténopé les différents publics venus les rencontrer, elles et leurs images.

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- Entre 2001 et 2003, des ateliers menés dans différents quartiers de Skopje ont permis à des populations de différentes origines (turque, rom, albanaise, serbe et macédonienne) de se découvrir et de faire valoir leurs cultures respectives. Les photographies ont fait l’objet d’une exposition itinérante installée dans un bus qui s’est déplacé de quartier en quartier. Les participants, là aussi, ont guidé les visiteurs dans l’exposition en les initiant au sténopé.

- Le projet Vues Imprenables (2001-2003) a été l’occasion pour des habitants de cinq villes de Méditerranée de s’initier au sténopé et de faire des images d’eux-mêmes et de leurs propres quartiers situés en zone Pic Urban. Ils ont présenté le résultat de ces investigations photographiques au cours de deux expositions organisées à Marseille et à Naples. A l’issue de cette expérience, des participants ont poursuivi la pratique et la démarche qu’elle portait à travers des initiatives locales tant individuelles que collectives.

- Images nouvelles en ville nouvelle est quant à lui un projet où se sont croisés 2 types de savoir-faire : celui d’Ugo-Prév, relatif à la prévention auprès de jeunes des Ulis (banlieue parisienne) et de leurs familles et celui d’Oscura en matière de création photographique participative. Pendant plus d’un an, le sténopé a été l’outil de médiation auprès de différents publics. Le Service jeunesse de la ville et les structures sociales ont été les inestimables relais du projet. Oscura s’efforce dorénavant d’accompagner l’implantation et les actions de l’association issue de ce projet.

- Deux autres expériences sont en train de voir le jour. Les ateliers sténopé ont ici pour objet le suivi de chantier de certains de sites en travaux. Avec Chambres noires au Fort Saint-Jean (Marseille, France), ce sont les habitants vivant à proximité et les ouvriers, de façon plus ponctuelle qu’Oscura réalise les photographies sténopé sur le chantier du futur musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM). Les photographies d’une première série d’ateliers sont données à voir sous forme de grands calicots accrochés sur l’un des murs du fort Saint-Jean. Ils sont comme une brèche dans cette muraille et laissent entrevoir aux habitants ce qui se passe de l’autre côté. Le projet PaysAges associe quant à lui des détenus en fin de peine restaurant le château de Brançion (France) aux ateliers de photographie sténopé. Avec l’intervenant d’Oscura, chacun s’est initié à l’outil et ponctue sa mission de restauration de prises de vue. C’est une investigation autour du geste, de l’outil, du travail en train de s’accomplir qui est menée ; elle fait suite à celle initiée en Macédoine et portant sur le geste de l’artisan.

oscura@wanadoo.fr

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