Basse couture

 
Guillaume Linard-Osorio
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Déploiement de sweatshops dans les centres d’art occidentaux

Initialement activé au Centre Pompidou de Paris en mai 2006, le Projet Basse Couture consiste à déployer des ateliers de travail dans différents centres d’art européens, où les enfants fabriquent des vêtements pour mon compte. En introduisant, en France, un modèle économique qui ne peut être toléré qu’en tant qu’il entre dans le champ de l’art, ces ateliers intensifs entendent questionner la dimension politique et pédagogique des institutions.

Considérant le système de production de l’industrie du textile, ce projet implique un repositionnement du statut de l’enfant au sein du processus de production. Davantage outil qu’auteur, il fabrique des vêtements ou des accessoires en textile selon un modèle déterminé qui ne tolère que peu de variations, le résultat esthétique dépendant essentiellement de la maîtrise des outils et variant donc en fonction de son âge et de son habileté.

Au final, les variations esthétiques autour du modèle de base se traduiront par les cicatrices inhérentes aux erreurs de découpes, à l’imprécision des assemblages et aux rajouts de matières, autant de traces qui contribueront à créer une anti-marque manifeste. Le statut de pièce unique du produit auquel on aboutit fait écho au système d’habillement de la haute couture. Son mode de fabrication lui confère en revanche un statut hybride que l’on peut qualifier de "basse couture".

L’atelier au Centre Pompidou (PBC#1) fut la première étape du projet. À cette occasion, l’espace pédagogique a été investi par un atelier de fabrication de chaussures de sport. Le sweatshop s’est déroulé sur trois semaines. L’atelier au MAC/VAL (PBC#2) a vu se fabriquer en mai 2007 une collection de casquettes dans des condition similaires. Le prochain atelier sera organisé au MAMCO de Genève en juillet 2008. À cette occasion, le projet évoluera sous forme d’installation ; il sera présenté au public à la fois comme espace de travail et comme pièce d’exposition.

Le projet bénéficie du soutien de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

Le site de Guillaume Linard : http://nofurniture.free.fr/